Appel à communications

L’appel de communications est maintenant clos. Pour toutes questions, n’hésitez pas à contacter le comité d’organisation au rfs2019@uottawa.ca

Langues de valeur et valeur des langues

4eCongrès du Réseau francophone de sociolinguistique
13 au 16 juin 2019, Ottawa, Canada

D’un congrès à l’autre, le Réseau francophone de sociolinguistique affirme son engagement à penser le caractère social de la langue. Cette approche en fait un réseau engagé dans les débats publics autour des langues de scolarisation, de l’orthographe, des langues d’état et de citoyenneté, de la place des langues dans l’économie marchande et de la mondialisation. D’un sujet à l’autre, ce sont les valeurs symbolique, économique et sociale des multiples pratiques linguistiques dans des espaces donnés qui intéressent tant les chercheurs que les acteurs sociaux investis dans les débats linguistiques. Cette édition du Congrès du RFS invite les chercheurs à penser les divers aspects de la valorisation et dévalorisation des langues et de leurs effets sur les locuteurs, sur les inégalités sociales, les politiques publiques, la marchandisation et les pratiques linguistiques elles-mêmes.

La langue est souvent pensée comme un objet qui englobe à la fois une valeur affective, une valeur commerciale, une valeur culturelle, une valeur identitaire et une valeur politique. Ces conceptions s’arriment en société pour produire et à la fois contester l’ordre social. La valeur perçue des pratiques linguistiques joue un rôle dans l’énonciation et la variation linguistique et les processus de hiérachisation qui en découlent. Objet de valeur, la langue devient aussi un espace de luttes morales diverses : on peut penser aux représentations que se font les locuteurs des langues; à l’intensification des pratiques de qualification linguistique donnant accès à la citoyenneté; aux tentatives de produire, redéfinir ou maintenir des normes linguistiques autour des langues nationales ou minoritaires; aux pratiques de marchandisation et d’authentification des langues; et aux angoisses qui entourent la redistribution de la valeur des langues en contexte de mondialisation.

À l’occasion du Congrès 2019 du RFS, « Langues de valeur et valeur des langues », nous invitons les participant.e.s à conceptualiser la notion de valeur, en tenant compte de sa polysémie, pour en faire un outil permettant de saisir les rapports qu’entretiennent les locuteurs avec diverses pratiques langagières. Nous sollicitons ainsi des communications qui s’intéressent aux espaces de construction de la valeur des langues, que ce soit en termes de légitimation, de contestation, de résistance, de reproduction ou de compétition.

La question des langues de valeur aiguille notre regard vers les rapports de pouvoir langagiers, les jugements sur les langues, la glottophobie et le rôle que joue l’institutionnalisation des langues sur la production ou le démantèlement des inégalités sociales. La notion de langue de valeur joue un rôle dans les conflits sociaux auxquels peuvent prendre part les locuteurs. Simultanément, de nombreux espaces permettent aujourd’hui une valorisation de pratiques multilingues, hybrides ou translangagières, assurant ainsi une valorisation accrue de pratiques autrement marginalisées. Quels sont ces espaces? Quelles visions des langues les habitent? Et quels sont les effets de la valorisation de certaines formes de multilinguisme et de pratiques translangagières sur les locuteurs?

La valeur des langues mène aussi à une réflexion sur les locuteurs, à leurs pratiques, à leurs représentations et aux espaces discursifs et idéologiques qu’ils traversent. Les locuteurs ont des rapports émotifs et affectifs aux langues, que ce soit en langue première ou seconde, signée ou autres. En quoi les processus de valorisation de certaines langues contribuent-ils à sécuriser ou insécuriser les locuteurs, à les qualifier ou à les disqualifier, à construire des solidarités, à établir les frontières entre un nous et un eux? Dans quelles conditions des pratiques linguistiques deviennent-elles l’objet de militantisme?

Les communications devraient traiter d’une ou de plusieurs des thématiques suivantes :

  • Expertise sociolinguistique et rapports de pouvoir socio-langagiers
  • Pratiques et politiques linguistiques en éducation
  • Valeur des langues dans le monde du travail
  • Légitimation des langues d’état
  • Transformation des langues et des identités
  • Commodification, marchandisation, commercialisation des langues
  • Militantisme linguistique et multilinguisme
  • Valeur des langues régionales
  • Valeur et variation linguistique
  • Valeur des langues et mondialisation

Conférences plénières :

  • Isabelle Violette, Université de Moncton
  • Marinette Matthey, Université de Grenoble 3

Conférence-discussion de clôture :

  • Alexandre Duchêne, Université de Fribourg
  • Monica Heller, Université de Toronto.

Retrouvez-nous sur le calendrier international des événements en sociolinguistique – The Sociolinguistic Events Calendar: https://baal.org.uk/resources/slxevents/

Modalités :

Propositions de communication : les propositions de communication seront d’une longueur de 300 mots maximum.

Panels : les panels seront composés de 5 plages de 30 minutes, qui incluent la présentation et la période de discussion, pour une durée totale de 2h30 (ces plages peuvent inclure : des communications, des répondants et un temps de discussion avec la salle). Nous accepterons également un nombre limité de doubles panels. Les organisateurs devront envoyer le descriptif du panel (300 mots maximum) et les résumés des communications individuelles (300 mots maximum).

Les propositions seront sélectionnées par le comité scientifique (double évaluation anonyme).

Frais d’inscription : Nous espérons recevoir une subvention pour cette conférence ce qui aiderait à réduire les frais d’inscription. Ceux-ci seront finalisés et communiqués en mars 2019.

Calendrier :

  • 21 septembre 2018 : envoi des propositions de communication ou de panel (via le formulaire)
  • 30 novembre 2018 : notification d’acceptation ou de refus des propositions
  • 30 avril 2019 : programme final

Comité scientifique :

Carmen Alén Garabato, Université Paul-Valéry
Annette Boudreau, Université de Moncton
Raja Bourizi, ISLT – Université de Carthage
Aude Bretegnier, Université du Mans
Maria Candea, Sorbonne-Nouvelle
Phyllis Dalley, Université d’Ottawa
Alexandre Duchêne, Université de Fribourg
Valentin Feussy, Université de Tours
Méderic Gasquet-Cyrus, Université Aix-Marseille
Philippe Hambye, Université Louvain-la-Neuve
Alexandra Jaffe, California State University Long Beach
Monica Heller, Université de Toronto
Patricia Lamarre, Université de Montréal
Patricia Lambert, ENS Lyon
Sylvie Lamoureux, Université d’Ottawa
Marinette Matthey, Université de Grenoble 3
Mireille McLaughlin, Université d’Ottawa
Claudine Moise, Université de Grenoble 3
Bénédicte Pivot, Université Montpellier 3
Émilie Urbain, Carleton University
Cécile Vigouroux, Université Simon Fraser
Isabelle Violette, Université de Moncton

Comité organisateur :

Mireille McLaughlin (présidente)
Émilie Urbain (co-organisatrice)
Bénédicte Pivot (présidente du RFS)
Carmen Alén Garabato (présidente sortante, Congrès RFS 2017)
Monika Jeziak
Sylvie Lamoureux
André Tremblay
Françoise Moreau-Johnson  (soutien logistique)

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